Passerelles Bordeaux


Après Passerelles Lyon et Passerelles Israël, voilà que Passerelles Bordeaux voit le jour.

Le projet s’est déroulé du 24 au 28 mai 2107. Cette troisième rencontre entre des jeunes français, palestiniens et israéliens est un partenariat entre l’association Danser Sans Frontière et la Formation Professionnelle de la Cie Rêvolution à Bordeaux, direction artistique : Anthony EgÈa / Compagnie de danse hip hop; avec le soutien financier de CGET, la DRAC et l’association Cercle de Qualité.
Le projet Passerelles #3 a été composé de quatre jours d’atelier et de partage entre trois groupes différents: DSF, Gsharim et le groupe Révolution.

Cette troisième rencontre a été rythmé par un cours de danse urbaine avec le célèbre danseur Skorpion, trois cours de danse contemporaine avec Audrey Joubier et Sharon Eskenazi, une répétition ouverte et échange avec le danseur et chorégraphe Shorab chitan autour de sa reprise de L’après midi d’un Faune de Nijinski. S’en est suivit la projection du film Passerelles suivi d’un débat, quatre jam-battle et enfin, une présentation du travail artistique de chaque groupe.

Passerelles 3 a réunit durant quatre jours, trois groupes différents :
DSF avec 17 jeunes agés de 16 à 23 ans dont 7 garçons et 10 filles avec 2 accompagnatrice
• Le groupe Gsharim composé de 8 jeunes israéliens et palestiniens, 1 garçons et 6 filles, 4 palestiniens et 4 israéliens.
• Le groupe Révolution avec 9 jeunes danseurs en formation, 8 garçons et 1 fille

Les témoignages


« Sur le papier, c’est un échange dansant. En réalité, notre société actuelle nous fait envisager ces quelques jours comme un échange avant tout humain. Et elle n’a pas tort, car les divergences de langues, cultures, religions et modes de vie ne sont pas moindres, nous reconnaissons tous notre méconnaissance de l’autre mais avons aussi chacun l’envie de le rencontrer, de le découvrir afin de mieux comprendre notre monde. Pourtant, si nous mettons entre parenthèses le pourquoi du projet, nous ne sommes en fait que des individus venus pour danser. Partager notre vie quotidienne n’a en soi rien d’exceptionnel, nous mangeons, dormons, marchons et parlons ensemble comme tout être humain est à même de le faire, mais néanmoins cela prend une dimension singulière et remarquable du fait de la situation mondiale d’aujourd’hui. J’ai déjeuné avec des catholiques, me suis brossé les dents avec une musulmane, ai partagé mon lit avec une juive, et pris le tramway avec des athées. Tout est normal, et en même temps rien ne l’est. Ce paradoxe est à la fois beau et douloureux, car il nous rappelle nos racines communes et laisse notre curiosité nous imprégner et apprendre de nos différences, mais dans un même temps il nous rappelle aussi l’état actuel de notre planète et du rapport navrant qu’entretiennent ses habitants. Ce dernier constat, bien que désolant, nous permet cependant de donner pleinement sens à ces cinq jours de vie commune, et de construire un collectif aux relations sincères. La danse, peut alors ne sembler être qu’un prétexte au milieu de cette richesse interculturelle, et pourtant, elle est tout le contraire. En dansant, nous laissons parler un langage qui dépasse largement les mots, un langage universel qui ne nécessite pas de traduction ni d’intermédiaire pour le comprendre. Les corps s’expriment librement et pleinement. Enfin affranchis des codes culturels qui les différencient en société, et donc libérés d’un perpétuel jugement qui pèse sur eux, rien n’est plus émouvant que de constater que tous les corps sont au même rang d’égalité. Et en dépassant les frontières, les cultures, les religions et les langues, le partage se simplifie et se transforme en un partage sincère, vrai, et pleinement humain. »

« “Bridges” connects between countries, cultures, different societies, and each time it includes more and more new people. Not normal people, but dancers. And not normal dancers, but professional ones.
Last time we were in Bordeaux, we spent one week but it passed too quickly. Each day was full of magic! First of all, we met “Revolution” for the first time, a group of break dancers who danced with us all the time we had in the studio.

Actually it’s very hard to narrate what really happened there, because it was more than words can tell.
We had a lot of different dance classes with different amazing teachers, we performed in big beautiful festival, we hanged out every night together and just had so much fun while doing everything.

It was like a loving family, we were so close to each other, that we didn’t want to leave the last day. It’s very sad when a person must leave a place which is pushing him up and qualifying him to be better by throwing him to many styles for being conscious to things he maybe didn’t try before.
I can briefly say it was perfect and I hope we will continue this project, we’ll meet again and again and show the world whom we are and what we’ll be. »