Création 2017–2018

Création contemporaine


Après la création urbaine Switch créé par Jérôme Oussou
et la création contemporaine This is fun but this is serious fun
créé par Sidonie Duret la saison précédente, voici que Thaïs Desveronnières, membre du groupe 
DSF mais aussi
actuellement en formation professionnelle de danse
contemporaine au CFDD de Lyon (au Croiseur), ouvre cette nouvelle
saison 2017—2108 avec sa création en cours de conception
avec les autres membres du groupe DSF.

Interview


Découvrez par une courte interview  la démarche de Thaïs.

 

Joanna/ Quel message veux-tu nous transmettre à travers ta création ?
Thaïs/ On pourrait dans cette création vouloir défendre un message politique, engagé, mais n’est-il pas aussi beau et important de mettre simplement en lumière des hommes et des femmes dans un partage humain entier et sincère ? Nous le savons, nos vies en société nous contraignent, nous empêchent, nous modifient, mais jouer reste une activité nous permettant un retour à nous-même, à notre simplicité et notre authenticité d’être humain.


Au-delà de la définition universelle que nous avons du « jeu », pour toi, qu’est- ce que le jeu et que signifie « jouer » ?
Sur le plan physique, jouer c’est en quelque sorte laisser ressurgir en nous un comportement primitif, animal, où l’adrénaline, le sensoriel et la spontanéité prennent le dessus. Constamment sur le qui-vive, en tension, le corps est présent, disponible et à l’écoute. Et en laissant le mental de côté, nous arrivons à des capacités physiques bien supérieures à celles dont nous nous savons habituellement capables.

Et comment naît cet état ?
Cet état de corps ne naît que véritablement par la présence d’autrui. S’intéresser au jeu, c’est fondamentalement s’intéresser au partage, puisque le jeu ne saurait réellement exister sans l’autre. Sa présence nous stimule, via notre constant besoin de comparaison, entraînant un aspect très souvent compétitif dans notre relation. Mais au-delà de la concurrence qui peut se créer entre joueurs, ce qu’il faut avant tout retenir, c’est la justesse du partage entre ces individus. Qu’ils soient dans un état de joie comme de confrontation, les joueurs suppriment un filtre émotionnel qui peut habituellement exister chez chacun de nous, et retrouvent une pureté d’expressivité et une simplicité dans leurs relations.

Comme tu as pu le dire précédemment, le jeu fait naître la spontanéité, une caractéristique qui relève de l’inattendu, n’est-il pas alors difficile d’écrire ta création ?
Sur le plan chorégraphique, notre premier défi est en effet de conserver dans une partition écrite la spontanéité et la fraicheur gestuelle explorées en atelier. Rien de plus vivant et d’imprévisible qu’un jeu, alors comment réussir à faire persister chez le danseur cet état si animé et si furtif lorsque nous connaissons en fait déjà l’issue et tout le déroulé de l’histoire ? De plus, nous nous sommes fixées un deuxième défi, cette création tend à aller au-delà d’une recherche personnelle de gestuelle autour du jeu et d’arriver à transmettre cet éveil corporel et émotionnel au spectateur. Le travail autour de la scénographie, stimulante visuellement parlant, vise à inciter l’œil à rester aux aguets et à se laisser surprendre par des apparitions, corps et images inattendues. Jouer ne vise « aucune fin utilitaire », mais ne serait-ce en fait pas une nécessité ? Quoi qu’il en soit, pour nous, jouer est une évidence.

 

Merci Thaïs de m’avoir accordé de ton temps pour cette interview et de nous avoir éclairé sur ta démarche artistique ! On se donne rendez-vous les 02 et 03 mars 2018 à la Maison de la danse pour la première de ta création

 


Détails :
Chorégraphie:
Thaïs Desveronnières
Musique:

Danseurs et danseuses:
Elvis, Matthieu, Nicolas, Jérôme, Nadjima, Nadjima, Nadjoua,
Myrena, Romain, Kelly, Eddy, Julianne, Lina, Sofiane, Antoine